La vie quotidienne

Les Tramways
En 1873, pour remplacer la Compagnie du Midi défaillante, Etienne Ardoin, ancien gouverneur du
domaine impérial de Biarritz, demande une concession pour un chemin de fer de Bayonne à Biarritz
dont le parcours serait entièrement en site propre.
Le décret d'utilité publique est signé en 1875 par le Maréchal Mac-Mahon.

Les travaux commencent aussitôt et le chemin de fer est inauguré le 10 juin 1877.

Le tramway, en 1890, passant devant la
Chapelle Impériale avenue Victoria.



Le Courrier de Bayonne relate que les nombreux invités prirent place dans un train tout enguirlandé, remorqué par une locomotive recouverte de feuillages.

Les abords de la gare de Biarritz sont encombrés de curieux qui encadrent la voie à droite et à gauche. La musique du 49e de ligne salue l'arrivée du convoi.

Sur le trottoir de la gare se trouvent déjà réunis tous les invités de Biarritz, le maire, divers membres du conseil municipal et les dames de la colonie étrangère dans leurs plus élégants et riches atours.

 

Bénédictions, allocutions, repas, toasts, bal au Casino, feu d'artifice célèbrèrent l'événement.
Cinquante-deux trains acheminèrent ce jour-là sept mille personnes.

Malgré les fanfares, les discours et les ballades, les usagers étaient mécontents.
Parmi leurs griefs, on notait : le médiocre emplacement de la gare de Bayonne
fort éloigné de celui de la gare du Midi et celui de la gare de Biarritz près de la place Pordelanne
loin de la mer et des plages.

Tandis qu'à Bayonne, le terminus restera où il est, en 1890 celui de Biarritz se déplacera au centre ville.
D'importants travaux avaient été entrepris :

Une tranchée de 400 mètres depuis le pont de Chelitz, un pont métallique de 42 mètres pour franchir l'avenue Foch et un bâtiment pour les voyageurs, réalisé par l'entreprise Couzain avec un escalier monumental. La charpente provenait de l'exposition universelle de 1889.
La gare fut construite une fois la maison Dupond démolie en 1889. Un stand d'acier Schneider provenant de l'Exposition Universelle de 1889, façade vitrée, portail à colonnes en haut d'innombrables marches, furent prêts pour l'ouverture au public et l'inauguration du 3 octobre 1890.
 
Devant le succès du BAB, un autre projet de liaison entre Bayonne et Biarritz, par Anglet Saint-Jean est établi.
Présenté par le financier belge Edouard Empain, le projet est adopté par un décret d'utilité publique de 1885,
signé par Jules Grévy.

Alors que la voie du BAB est en site propre, celle du BLB empruntera une partie de la route nationale 10,
puis diverses rues de Biarritz. Le terminus, initialement prévu place Bellevue, se situera finalement devant
le café des Colonnes.


C'est avec réticence que les Biarrots avaient donné leur accord à ce projet. Les locomotives à vapeur, disaient-ils,
sont pleines de défauts. Elles polluent : fumées, escarbilles, vapeur, cendres, scories, graisse, "eau excédente"
et huile viendraient troubler la quiétude de la colonie anglaise fort nombreuse à cette époque, effrayer les enfants,
mettant les gouvernantes dans des situations difficiles.


Des incidents éclatent en 1888 avec des palefreniers, cependant que la visite de la reine Victoria
arrête pour un temps les travaux dans le centre.
Certains espèrent que cet arrêt sera définitif et que la voie ne dépassera pas l'hôtel Continental.

Le premier train circule le 18 octobre 1888.


De nouveau, les protestations s'élèvent : la voie ferrée réduit d'un tiers la largeur de la route nationale 10.
Les trains sont trop longs, cinq voitures, et vont trop vite. Le trajet s'effectue en 35 minutes au lieu des
45 prévues. Les locomotives sont trop bruyantes et gênent "les équipages des étrangers qui font la
fortune de notre cité".

Le BLD fut électrifié le premier en 1914, quelques mois avant la guerre et le BAB en 1922.

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La disparition des transports automobiles consécutive au désastre de 1940, accorde un sursis
d'existence au BAB et au BLB. Ils sont très sollicités. Seuls, ils assureront, dans une grande pénurie
de pièces de rechange, les liaisons essentielles entre Biarritz et Bayonne.

Mais dès que les autobus réapparaissent, les usagers préfèrent leurs sièges mous et abandonnent les
sièges durs des tramways vieillissants.

Le BLD est bientôt sur sa fin. Le dernier train circule le 3 juin 1948. Le BAB durera un peu plus
longtemps. Malgré de nombreuses augmentations de tarifs, le bilan restera déficitaire.
Le trafic cessera le 1er janvier 1953.

L'ère des tramways était finie.

Texte de l'ouvrage " Biarritz, au vent du large et de l'histoire " - Mairie de Biarritz