La vie quotidienne

La Conserverie
   

Les pêcheries Pugibet et Silhouette étaient prospères. Près de 300 hommes et leurs familles vivaient des travaux de la mer.

Les Silhouette approvisionnaient non seulement Biarritz, mais aussi les marchés espagnols et méditeranéens. Les pêcheurs salaient habituellement leurs poissons. Les Silhouette utilisaient déjà de la glace pour leur expédition.

   
 

Ou si le poisson n'était pas salé, sitôt débarqué, les femmes se bousculaient pour remplir leurs paniers.


Jusque vers les années 1940, les marchandes de poisson continuèrent à sillonner les rues de la ville pour
proposer aux amateurs gourmets les poissons frais pêchés.

Dès qu'une trainière rentrait au Port des Pêcheurs, que ce soit celle de Victor Million, de "Millediable",
de "Favori", de "Berlingot", de Pinthiayre", les marchandes accouraient pour s'approvisionner.
Celles-ci venaient souvent du quartier Beau-Rivage, site privilégié de la côte
pour les activités de pêche.


 


Leurs paniers pleins, l'un accroché à leur bras musclé, l'autre en équilibre sur le chignon, les poissonnières partaient dans les rues et carrefours annonçant dans un sabir familier fait de français, de patois biarrot et de basque écorché, le contenu offert :

Anchois ! Anchoa friaou, aout bet anchoa tout bibau
A leu bombogne, à leu bombogne
La sardin
Chardin frais ! chard'in frais !
Le chichare !
Croumpa chichare !

Ainsi, trottinaient Charlotte Cazaubon, la Harie, la "Crichkit", la "Hamalaou", la "Jacotte", sobriquets qui cachaient des âmes vaillantes et saines, à la charpente solide, à la langue bien pendue, de véritables maritornes à la voix claironnante.

Les ménagères sortaient sur le pas de la porte, une assiette à la main, donc acheteuses potentielles et le négoce s'engageait.

 

Certaines allaient jusqu'à Bayonne au pas de course,la corbeille sur la tête...
 

Texte de Monique et Francis Rousseau - Biarritz Promenades
Texte de l'ouvrage " Biarritz, au vent du large et de l'histoire " - Mairie de Biarritz