Les Quartiers de Biarritz

Le Port-Vieux

La mode des bains de mer redonna une vitalité à Biarritz. Le bassin du Vieux-Port (en fer à cheval) était calme.

Il connut très tôt la faveur des baigneurs. Pierre Moussempès, maître-charpentier, adressait en février 1784 au lieutenant-général de l'amirauté à Bayonne une requête : il souhaitat placer au Port-Vieux des loges ou guérites pour les étrangers qui cherchaient à se déshabiller " en cachette avec plus de sûreté ". Mais la communauté de Biarritz s'opposa au projet.

En 1833, le conseil municipal signale " jusqu'à ce jour des tentes ont été dressées sur le rivage, sans ordre, éparses çà et là ".

En 1840, un peuple tout entier barbotait au Port-Vieux. Grandes dames, marchandes et grisettes, en longues blouses, pantalons de laine et chapeaux de paille se mêlaient aux banquiers, armateurs et commis.

Devant l'affluence, " la mère Albiran " eut l'idée, comme Moussempès avant elle, de planter une toile de tente grise sur le sable. Elle en eut pour dix écus. Dès la première année, cette installation sommaire lui en rapporta plus de mille. L'idée était lancée. Des marins vinrent installer des baraques en planches équipées de bancs et de porte-manteaux.

En 1852, " le Préfet désirerait que la commune fit établir à ses frais des baraques de même grandeur et sur le même plan, qu'on les tira ensuite au sort, en donnant la préférence aux baigneurs actuels, mais de manière que les membres d'une même famille ne puissent louer deux baraques et empêcher ainsi un monopole ".

En cette même année, le conseil " décida à ses frais, de fournir et planter les piquets sur lesquels seront édifiées les baraques et se chargera de la peinture pour que celles-ci soient uniformes '. Pour aider les propriétaires à amortir les frais engagés par ce nouveau projet, la commune s'engagea à maintenir pendant cinq années la location d'un emplacement.

Un établissement de bains remplaça en 1859 les baraques (coût 78 000 francs). Deux corps de construction en bois avec toit de tuiles, l'un à l'usage des dames et l'autre des messieurs, rejoignaient par une galerie l'escalier de pierre menant à la place. Pour se protéger des ardeurs du soleil, tous assiégeaient la partie nord réservée aux dames.



Le Port-Vieux en 1860
et en 1873
 
Les spectacles n'ont jamais manqué au Port-Vieux. En 1891, les exploits du funambule indien Djemmako, membre de la troupe de Buffalo Bill, enthousiasmait les Biarrots. L'équilibriste traversait le bassin sur une corde de chanvre, un canon sur l'épaule. Un soir où l'éclairage des falaises s'était fait tardivement, il exécuta ses prouesses à la seule lueur des feux placés au bout de ses balanciers. Au retour, il fit éclater des pièces d'artifices et apparut entre ciel et terre dans une apothéose d'étincelles et de feux de bengale.
   
Le Port-Vieux, doté d'une scène démontable, devint "théâtre de la mer" à partir des années 1900.

" Phèdre " y souleva les ovations du millier de spectateurs installés sur le sable et dans les galeries amménagées en loges.
   
 
 

Démoli par la tempête en 1922, on procéda à la construction d'un nouvel établissement de bains nécessitant l'aménagement des sous-sols et l'installation de distribution d'eau chaude et de séchoirs.


Avec cet agrandissement, 252 cabines, dont 24 de luxe, étaient proposées soit une augmentation de 96 cabines. Il disparut dans le bombardement de 1944.

 
   
Enfin, ce fut en janvier 1952 que, grâce à la collaboration de trois architectes de Biarritz, MM. Marcel père et fils et Brana, l'établissement de bain, tant éprouvé par le bombardement, allait être aménagé et pourvu des installations des plus modernes.
 
Texte de Monique et Francis Rousseau - Biarritz Promenades
& Monique Beaufils - Archives Ville de Biarritz
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