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Les Quartiers de Biarritz


La Grande Plage
Une curiosité : La rampe mobile


 


Le 26 août 1903, entre la place Bellevue et la Grande Plage, était inauguré un tapis roulant dit " rampe mobile " qui pouvait assurer le transport de trois mille usagers à l'heure.

J. Bégué avait proposé un ascenseur hydraulique logé dans une tour au pied de la falaise.

Mais ce fut la proposition de l'industriel madrilène José Cervera qui fut retenue. Il en obtint la concession pour trente ans en décembre 1902. Seul tapis roulant en plein air en Europe, c'était une curiosité et une véritable innovation.

 

 
     

On testa l'installation avec d'énormes blocs de fonte à des poids que ne risquait pas d'atteindre la charge humaine.

Le service, quotidien l'été, s'effectuait de 10 heures du matin à 10 heures du soir avec arrêt à l'heure du déjeuner. L'hiver, la rampe ne fonctionnait que deux fois par semaine. Le trajet durait environ deux minutes et coûtait 10 centimes.

 

 
     
     
 

     
     
 
     
 



Mais, assez vite des incidents éveillèrent la suspicion. Un rapport de l'ingénieur signala la chute de tasseaux et l'existence de vides assez importants pour que s'y coince la patte d'un chien ou le bas d'une robe.

Ce qui devait arriver arriva. Le 13 Octobre 1908, Maria de los Dolores Ruiz de Grijalba, veuve du Comte Henri de Madron, fut accidentée. Son pied entraîné sous la griffe métallique du premier palier d'arrivée, fut en partie broyé. Il fallut plus d'une heure pour dégager la victime et, bien que chloroformée, elle endura d'horribles souffrances.

Elle subit l'amputation partielle à la clinique du Dr Lostalot-Bachoué.

 

 

Cervera reconnu responsable et condamné à verser une forte indemnité, n'avait pas les moyens de payer. Il se contenta de verser une provision de 6 000 Frs et s'éclipsa en Espagne. Il n'exécuta jamais le jugement du tribunal qui lui fut transmis par voie diplomatique. Le mécanicien de la rampe eut quinze jours de prison et 6 000 Frs d'amende.

Devant l'insolvabilité de Cervera, la ville, déclarée responsable, dut prendre le relais. La Comtesse lui intenta un procès qu'elle gagna devant le Conseil d'Etat. Mais, à la veille de la Grande Guerre, elle ne reçut qu'une rente viagère de 5 000 Frs par an et jamais le capital de 50 000 Frs auquel elle avait droit.

 

 

Le 26 Avril 1909, Raphaël Fagalde, négociant à Bayonne, fut adjudicataire de l'élévateur et de l'usine électrique produisant le courant nécessaire. Il confia dès le début l'exploitation de la rampe à une Société anonyme dite " trottoir roulant de la Grande Plage ".

Les problèmes avec la municipalité commencèrent presque tout de suite. Le concessionnaire fit scier les tamaris sous prétexte que l'humidité endommageait la rampe, en fait pour placer des panneaux publicitaires.

 

     
Le pavillon destiné à la vente des billets se transforma en magasin de tissus, tapis, dentelles, cartes postales, produits photographiques.
 
 

L'appareil censé fonctionner du 15 Juillet au 15 Octobre tous les jours et le reste de l'année, les jeudis, dimanches et jours férés, ne respectait ni date ni horaire. Quand la guerre éclata, il était hors de service, simple " amas de ferraille ".

La mort de Fagalde en 1918 entraîna la résiliation de la concession et la dissolution de la Société. La veuve et son fils furent sommés de rétablir le gazon du talus, de replanter les tamaris, de démolir les constructions au bas de la rampe et d'enlever tous les vestiges de maçonnerie.

 

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