Les Quartiers de Biarritz

La Grande Plage

Cette plage de sable fin s'appelait à l'origine " la Côte des Fous ". On disait également " Côte du moulin " par allusion au proche moulin de Blaye ; ce fut ensuite " la plage de l'impératrice " ... jusqu'à la cuisante défaite de Sedan.

Eugénie y faisait planter sa tente de bains et celles de ses dames d'honneur. La Grande Plage était déjà fréquentée sous Louis-Philippe. Une lithographie de l'époque montre à l'ouest cinq baraques et deux tentes groupées sur le sable. Le linge de bain sèche en plein air entre deux piquets.

C'est pour éviter " cet étalage de linge et de costumes... " qui faisaient ressembler les "établissements de bains de mer à une blanchisserie ou à un marché de vieilleries " que le Conseil Municipal, réuni le 22 avril 1866, étudia les divers procédés de séchage artificiel.

"L'hydroextracteur ", mu à bras, agissant " en vertu de la force centrifuge " pouvait traiter vingt à trente kilos de linge à l'heure. Le séchage à air chaud se faisait dans des séchoirs mobilies ou fixes. La solution de l'air chaud adoptée, le système fut installé.



Le Guide Bijou en 1895 qualifie la Grande Plage de " boite de pandore ". On vint toujours ici "recevoir le coup de lame" . A ses risques et périls !.

De nombreuses fêtes se déroulèrent sur le boulevard de la Grande Plage :
batailles de fleurs, départs et arrivées de courses en tout genre.

Combien de générations et de nationalités se sont côtoyées et succédées sur cette plage !
Mérimée remarquait déjà de très belles personnes " habillées comme en carnaval,
russes, anglaises et espagnoles ". La Grande Plage était la préférée des Russes.
Le matin et l'après-midi, le promenoir de la Grande Plage



et les jardins étaient des lieux très fréquentés.


Edouard VII ne manquait jamais d'y faire une halte avec César, son fox-terrier blanc et noir, sur le collier de l'animal, on lisait : " I am Caesar : king's dog ".


A la buvette de forme octogonale installée sur le quai, on pouvait boire du lait ou de l'eau minérale " digestive et reconstituante ".

La promenade se terminait à la " Fourmillère " pour l'heure de la causerie...

pendant que les enfants faisaient des
concours de fortifications.



 

 

 

 

Montreur d'ours et

concours canin

animaient

la Grande Plage

 




Et puis, il y avait la grande découverte de la photographie...
Il fallait absolument poser devant le trépied du photographe afin de conserver un
petit moment d'éternité
Et toutes ces personnes ne se doutaient pas que, plus de cent ans après avoir été prises,
ces photographies seraient encore là pour témoigner de leur passage sur le promenoir
de la Grande Plage par un bel après-midi ensoleillé.

1890
 

Textes de Monique et Francis Rousseau - Biarritz-Promenade

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