Les Hôtels


Le Grand Hôtel
 
Cyrille Gardères acheta en 1859 au baron de Pierre le terrain au bord de la falaise, à l'est de la place de la Foire.
Il y fit construire son hôtel par l'architecte Alphonse Bertrand. A l'époque, on admirait beaucoup cette
" Maison Rouge ", très inspirée de la villa Eugénie.

Cyrille Gardères épousa Elisa Monhau, fille du propriétaire de l'Hôtel de France.

Le Grand Hôtel en 1862 - photographie

Photographie de 1890
Dès 1861, par tous les temps, les " carrosses " déposaient " au Salon Gardères la haute société bourgeoise ". Même la guerre de 1879 ne parvint pas à ternir son éclat.

Devant l'immense réussite de son entreprise, Gardères acheta non seulement le Casino (août 1872) mais aussi les immeubles plus ou moins vétustes de la future place Bellevue.

En 1875, s'éleva une aile nouvelle, celle qui subsiste de nos jours.

La salle à manger

Une carte publicitaire du Grand Hôtel




Un hôtel aussi important nécessitait un personnel nombreux et qualifié. Sont recensés en 1876, quarante-quatre employés : cuisiniers, marmitons, " sommeliers d'étage ", "officières", brosseurs, une couturière...

Gardères céda l'hôtel et ses annexes à une société en 1879.

Après une cascade de saisies immobilières, le Grand Hôtel fut acheté par adjudication le 15 mai 1886 après vente sur faillite, par Henri Bloch.



Charles Montenat, directeur du Grand Hôtel à Paris, administra le Grand Hôtel de Biarritz de 1883 jusqu'à
son décès pendant la guerre.

Dès le 30 août 1914, cent trente blessés arrivaient en gare de Biarritz. Les réquisitions de pensions de famille et
d'hôtels se firent rapidemnt. Elles devaient se poursuivre jusqu'à concurrence de six mille lits. En fait, le chiffre
maximum des blessés fut de deux mille cent dix neuf hommes.

Le docteur Jacques de Poliakoff, aidé de son ami,le docteur Bandaline, fonda au Grand Hôtel, de ses propres
deniers, un hôpital. Il venait chaque jour prodiguer ses soins aux soldats. Les blessés trouvaient au Grand
Hôtel des soins attentifs mais aussi des distractions. Le duc de Montpensier en juillet 1915 leur offrit une
représentation cinématographique suivie d'un concert.

Les hommes d'Etat les plus influents comptent parmi les clients du Grand Hôtel : entre autres, deux des personnalités les plus marquantes du 19e siècle, le Prussien Bismarck et le Britannique Gladstone.

Dès 1861, le prince Pierre d'Oldenburg, oncle du tsar, avec une suite de près quarante personnes, étrennait " la Maison Rouge ". Ils revinrent en 1862, 1865, 1866... A l'arrivée des Oldenburg sur la place de la mairie, les amis accouraient : les princes dévalisaient les marchands de ballons et les leur distribuaient.

L'alliance franco-russe d'août 1892 avait développé l'engouement des sujets du Czar pour Biarritz.

Tous ces russes fascinaient la population. Que pouvaient bien penser les Biarrots de 1897 en voyant passer la curieuse automobile d'Alexandre d'Oldenbourg ? Un drôle d'engin que ce train sans rail, cette machine tractant un immense break où tenaient 38 passagers... Une trompe alertait bruyamment les piétons, et la nuit venue, une énorme lanterne, telle un oeil de cyclope, éclairait la route.

On avait l'habitude à " l'hôtel des rois " de croiser des têtes couronnées : le souverain de Hanovre et la
princesse Frederica de 1872 à 1878, l'archiduchesse Isabelle d'Autriche. Par trois fois, l'hôtel accueillit
l'impératrice Elisabeth, " Sissi ", douloureusement marquée par la tragédie de Mayerling.

Oscar II, roi de Suède, petit-fils du maréchal Bernadotte, y séjourna en 1892. Il y revint en 1899 et en 1902.
Lors de ses séjours, il participait aux obligations de son rang : chasses à courre, bals, gymkanas, expositions
de peintureset de photos, parties de pelote, assauts d'armes et ventes de charité.

Lors de son départ, il procédait à une large distribution de médailles. Personne ne fut oublié, pas même
Isidore, le concierge du Grand Hôtel.

Oscar II fut le dernier monarque en titre à avoir occupé " l'aile des souverains " au Grand Hôtel.

Dans l'entre-deux guerres, le Grand Hôtel redevint
le centre des élégances avec son Bar Basque,
son cabaret, son grill-room


Avant 1918 En 2007
Vendu après la guerre, l'immeuble démoli en partie a été remplacé par les résidences Bellevue-Clémenceau.
   
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Textes de Monique et Francis Rousseau - Biarritz-Promenade - Photo 2007 : Michel Dauvillier
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